Mon enfant est hyperactif : TDAH ou simple énergie débordante ?

Votre enfant ne tient pas en place, n'écoute pas, fait le fou en classe ? Découvrez comment distinguer le TDAH d'une simple vivacité et comment l'accompagner.

"Il ne tient pas en place !"
Vous reconnaissez cette scène ? Votre enfant court partout, grimpe sur les meubles, interrompt sans cesse, semble incapable de rester assis plus de deux minutes. À l'école, la maîtresse vous dit qu'il "dérange la classe", qu'il "ne se concentre pas", qu'il "fait le fou".
Vous vous demandez : est-ce normal ? Est-ce du TDAH ? Suis-je un mauvais parent ?
Respirez. Vous n'êtes pas seul, et surtout, vous n'êtes pas responsable.
Le TDAH en chiffres
Le Trouble du Déficit de l'Attention avec ou sans Hyperactivité touche environ 5% des enfants en France. C'est l'un des troubles neurodéveloppementaux les plus fréquents. Et non, ce n'est pas une question d'éducation.
Hyperactivité ou TDAH : quelle différence ?
Tous les enfants ont de l'énergie. C'est même signe de bonne santé. Mais alors, comment savoir si c'est "juste" de la vivacité ou un véritable trouble ?

Les signes d'une énergie normale
- Agitation dans des situations ennuyeuses pour lui
- Capable de se concentrer sur ce qui l'intéresse vraiment
- Comportement qui s'améliore avec l'âge
- Réagit aux règles et aux limites
- Moments calmes possibles
Les signes évocateurs du TDAH
- Agitation constante, même dans des activités plaisantes
- Difficultés de concentration dans tous les contextes
- Impulsivité marquée (parle avant de réfléchir, coupe la parole)
- N'apprend pas des conséquences de ses actes
- Symptômes présents avant 12 ans
- Impact significatif à l'école ET à la maison
Attention aux conclusions hâtives
Seul un professionnel (pédopsychiatre, neuropsychologue) peut poser un diagnostic de TDAH. Les symptômes doivent être présents depuis au moins 6 mois et impacter significativement la vie de l'enfant.
Les 3 formes du TDAH
Le TDAH ne se manifeste pas de la même façon chez tous les enfants :
La forme inattentive est souvent sous-diagnostiquée, surtout chez les filles, car elle ne dérange pas en classe. L'enfant "rêve", "est dans la lune", mais on ne pense pas au TDAH.
Ce que vit vraiment votre enfant

Il est crucial de comprendre que votre enfant ne fait pas exprès. Son cerveau fonctionne différemment :
Un enfant TDAH n'a pas un problème de volonté, mais un problème de régulation. Il sait ce qu'il devrait faire, mais son cerveau ne lui permet pas de le faire au bon moment.
Ce qu'il ressent souvent
- Frustration : "Je n'arrive pas à me contrôler"
- Incompréhension : "Pourquoi je me fais toujours gronder ?"
- Honte : "Je suis nul, je déçois tout le monde"
- Épuisement : Oui, l'hyperactivité fatigue aussi l'enfant lui-même
L'estime de soi en danger
Les enfants TDAH reçoivent en moyenne 20 000 messages négatifs de plus que les autres enfants avant l'âge de 12 ans. Protéger leur estime de soi est aussi important que gérer les symptômes.
Quand consulter ?

Consultez si :
L'école tire la sonnette d'alarme
Remarques répétées sur le comportement, difficultés d'apprentissage malgré une intelligence normale.
La vie familiale est impactée
Conflits permanents, épuisement parental, fratrie qui souffre de la situation.
Votre enfant souffre
Il se sent différent, rejeté, incompris. Il dit qu'il est "bête" ou "méchant".
Les stratégies classiques ne marchent pas
Punitions, récompenses, explications... rien ne semble fonctionner durablement.
Le parcours diagnostic
| Étape | Professionnel | Objectif |
|---|---|---|
| 1 | Médecin traitant | Orientation et exclusion d'autres causes |
| 2 | Pédopsychiatre ou neuropédiatre | Évaluation clinique complète |
| 3 | Neuropsychologue | Tests cognitifs et attentionnels |
| 4 | Orthophoniste (si besoin) | Évaluation des troubles associés |
Délais d'attente
Les délais pour voir un spécialiste peuvent être longs (6-18 mois dans le public). Demandez à votre médecin une lettre détaillée pour accélérer le processus, ou envisagez le secteur privé si vous le pouvez.
Comment aider votre enfant au quotidien

Même avant (ou sans) diagnostic, ces stratégies peuvent aider :
1. Structurer l'environnement
- Routines visuelles : emploi du temps affiché, pictogrammes
- Espace de travail épuré : bureau rangé, peu de distractions
- Consignes courtes : une instruction à la fois
- Timer visuel : pour concrétiser le temps qui passe
2. Adapter la communication
La règle des 3C
Court : Phrases simples et directes Clair : Évitez les doubles sens Concret : "Range tes 3 voitures dans la boîte bleue" plutôt que "Range ta chambre"
3. Gérer l'impulsivité
- Apprenez-lui à compter jusqu'à 3 avant de parler
- Créez un signal secret entre vous (geste, mot code)
- Prévoyez des pauses mouvement régulières
- Valorisez chaque petit effort de contrôle
4. Canaliser l'énergie
Les erreurs à éviter
Ce qui aggrave la situation
- Crier : Augmente l'agitation et l'anxiété
- Punir systématiquement : L'enfant ne contrôle pas son comportement
- Comparer : "Regarde ta sœur, elle arrive bien à rester calme"
- Humilier : Surtout en public, devant les copains
- Surprotéger : L'enfant a besoin d'apprendre, pas d'être mis sous cloche
Le traitement : médicaments ou pas ?
C'est LA question qui angoisse les parents. Voici une vision équilibrée :
Les options non médicamenteuses
- Psychoéducation : Comprendre le trouble pour mieux le gérer
- TCC (Thérapie Cognitivo-Comportementale) : Apprendre des stratégies
- Guidance parentale : Formation des parents aux techniques adaptées
- Aménagements scolaires : PAP, PPRE, AVS si nécessaire
- Rééducation : Orthophonie, psychomotricité selon les besoins
Les médicaments (Ritaline, Concerta, etc.)
- Ne sont pas une solution miracle ni une "drogue"
- Sont efficaces chez 70-80% des enfants TDAH
- Ne changent pas la personnalité de l'enfant
- Doivent être accompagnés d'autres prises en charge
- Sont une décision médicale à discuter avec le spécialiste
Refuser un traitement par principe ou en avoir peur est compréhensible. Mais un enfant qui souffre mérite qu'on explore toutes les options, y compris médicamenteuses.
L'école : comment collaborer ?
Informez l'enseignant
Expliquez le trouble sans vous excuser. Proposez des ressources.
Demandez des aménagements
Place près du bureau, consignes écrites, temps supplémentaire, pauses autorisées.
Mettez en place un PAP
Le Plan d'Accompagnement Personnalisé formalise les adaptations.
Restez en contact régulier
Cahier de liaison, mails, rendez-vous réguliers pour ajuster.
Le message le plus important

Votre enfant n'est pas "difficile". Il a des difficultés. Ce n'est pas la même chose.
Le TDAH n'est pas une fatalité. Avec le bon accompagnement, ces enfants peuvent :
- Réussir leur scolarité
- Avoir des amis
- Développer leurs talents (souvent nombreux !)
- Mener une vie épanouie
Les forces du TDAH
Les enfants TDAH sont souvent créatifs, enthousiastes, spontanés, penseurs originaux et capables d'hyper-concentration sur leurs passions. Ces "super-pouvoirs" méritent d'être valorisés !
Vous n'avez pas échoué en tant que parent. Vous êtes en train de chercher des solutions pour votre enfant. C'est exactement ce qu'un bon parent fait.
Ressources utiles
- HyperSupers TDAH France : Association de parents, informations et soutien
- TDAH-France.fr : Ressources scientifiques validées
- Votre médecin traitant : Premier interlocuteur pour une orientation
Gardez une trace
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